Mort d’une famille complète à Laterrière – la défense conteste la prise de sang d’alcoolémie

L’avocat du présumé chauffard Jean-Marc Fradette conteste la valeur de la prise de sang qui révèle le taux d’alcool dans le sang de Yves Martin, le conducteur accusé d’avoir causé la mort de Mathieu Perron, 25 ans, Vanessa Tremblay-Viger, 26 ans, et de leur fils Patrick Perron, 4 ans, le 1er août 2015 sur le chemin Saint-Paul à Laterrière au Saguenay.

«Les déclarations des témoins quelques minutes après la collision sur l’état de mon client, ne correspondent pas du tout avec le taux de la prise de sang (179 milligrammes d’alcool par 100 millilitres de sang)», a déclaré son avocat en marge de l’enquête sur remise en liberté. La poursuite accuse le conducteur de huit chefs de conduite dangereuse, avec les facultés affaiblies, avec plus de 80 mg/100ml d´alcool dans le sang et de négligence criminelle causant la mort de trois personnes, d’une même famille.   «Mon client a une défense à faire valoir (sur la validité de la prise de sang), a résumé l’avocat qui souhaite, en attendant le procès, que Yves Martin puisse entreprendre une thérapie de six mois à la Maison Jean-Lepage de Trois-Rivières.  Le conducteur a déjà été accusé et reconnu coupable de facultés affaiblies par l’alcool en 2005 et 2010.

La procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Marie-Josée Hamelin-Gagnon a présenté 22 déclarations de témoins et déposé des expertises médicales incluant l’analyse d’un échantillon de sang de l’accusé par le laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale.
Après avoir obtenu une ordonnance de non-publication mercredi, la défense s’est ravisée et a demandé la publication des témoignages au public. Le juge Michel Boudreault de la Cour du Québec a accepté la requête et a autorisé les médias à diffuser toute l’information entendue.  «Nous croyons qu’il est plus opportun que le public connaisse la preuve pour mieux comprendre notre demande de remise en liberté», a expliqué Me Fradette.
«On a l’impression que l’opinion publique va peser lourd dans votre décision», a-t-il ajouté à l’intention du juge.
L’avocat a fait témoigner la mère de l’accusé, Lucette Laroche, 69 ans, qui offre de payer la thérapie et d’accueillir son fils à son retour de Trois-Rivières. Elle et son mari engagent une caution de 50 000$. La soeur de Yves Martin, Émilie, une travailleuse sociale, offre aussi une caution de 2500$.
L’enquête sur remise en liberté est ajournée à jeudi pour entendre l’accusé offrir 25 000 $ et à son tour témoigner de ses intentions.